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Prévenir les violences, tisser les mémoires / 6 octobre 2025, M.E.R – Calais

Maison d’entraide et de ressources (M.E.R.), 3 rue du Croy à Calais

Cet atelier d’échange et de collaboration est un des ateliers de de recherche-action du programme Co-constructions des savoirs aux frontières (Co-Front / Institut Convergences Migrations), en collaboration avec le projet de recherche-action Mémoires en luttes et en exil à la frontière franco-britannique (Memofront), la Plateforme de soutien aux migrant.e.s, et le programme Non-lieux de l’exil. Il s’inscrit dans la suite de précédents ateliers  (9 avril et 25/26 juin 2025) et dans la préparation de la Fabrique d’agirs #4.

Il est ouvert à tous les bénévoles et salarié·es des associations et les différents acteurs œuvrant à la frontière franco-britannique. Il se déroule en deux temps le 06 octobre.

Nommer et répondre aux violences dans les relations d’aide entre exilé·es et bénévoles » atelier n°3  / 10h-13h

Animation : Léo Manac’h (Sesstim, Co-front / ICM), Laure Wolmark (Crash, Co-Front / ICM)

L’idée de ces ateliers part d’un constat qui circule à bas bruit dans les associations de défense des droits des étranger·es : la difficulté à nommer et à prévenir les violences qui s’exercent dans la relation d’aide entre exilé·es et bénévoles. Ces violences peuvent s’exercer d’un groupe sur l’autre et au sein mêmes de ces groupes et prennent des formes multiples : physiques, verbales, psychologiques, symboliques. Elles s’inscrivent et rejouent des rapports sociaux inégalitaires de race, de genre, de classe qui peuvent se renforcer ou s’entrecroiser. Les situations où des formes de violence s’exercent dans la relation d’aide sont délicates à formuler collectivement pour deux raisons majeures que cet atelier cherche à prendre à bras le corps : d’une part, et dans un contexte de normalisation de la xénophobie et de construction médiatique de la figure de l’étranger délinquant et agresseur, la peur de participer à la stigmatisation des étranger·es en général en dénonçant des violences qu’iels pourraient commettre. D’autre part, la dimension morale et humanitaire de l’implication associative, définie comme par la justesse de sa cause, vient empêcher un travail réflexif sur les conditions de l’engagement et les rapports de domination qui peuvent s’y reproduire. Aborder la violence dans les relations aux frontières ne doit enfin pas exclure la place du ou de la chercheuse qui, parfois plus en retrait, peut reproduire des formes de violence dans les façons de les aborder, de les qualifier ou de les restituer. Nous souhaitons ainsi ouvrir un espace de réflexion collective autour de ces différents types de violence.

Après un premier atelier organisé à Paris le 9 avril, et un second à Briançon le 26 juin, le dernier temps d’échange de cet atelier itinérant propose de poursuivre les réflexions collectives sur les différentes formes de violences dans les relations d’aide.

Pause déjeuner : repas tiré du sac

Archiver les luttes ensemble : ouvertures de cartons, enveloppes et autres disques durs… /14h30-17h30

Animation : Béatrice Micheau (groupe Mémoires, projet Memofront, laboratoire GERiiCO, Université de Lille) 

Depuis trois ans, des bénévoles et salarié·es des associations, ou des ancien·nes bénévoles ou salarié·es, des chercheur·ses ou des artistes militant·es, réfléchissent et travaillent ensemble, ici à la frontière franco-britannique, ou du côté de la frontière franco-italienne, à la fabrique de la mémoire des luttes aux frontières. Comment collecter et valoriser les archives produites par les pratiques militantes qui s’opposent aux régimes violents et racistes des frontières, et qui luttent pour un accueil solidaire et digne ? Quelles pratiques pour résister à l’invisibilisation des récits non dominants ?

Nous vous proposons de vous parler un peu de ce projet, mais surtout d’apprendre ensemble à fabriquer cette mémoire, à préserver nos archives.

Pour cela, amenez vos cartons, enveloppes, classeurs, ou disques durs pour partager photographies, affiches, compte-rendu, courriers, plaidoyers etc.  On les ouvrira ensemble, on discutera de ce qui est communicable ou de ce qui doit rester protégé, de comment décrire, rassembler, partager ces archives. On pourra même, si on le désire, s’essayer aux entretiens…  

Image du bandeau : Cession de recharge avec CHIP, (c) Gaëlle Pertel Pacheco

Coordination scientifique : Léo Manac’h (Ceped, U. Paris-Cité, Co-front /ICM), Béatrice Micheau (groupe « Mémoires », laboratoire GERiiCO, Université de Lille), Laure Wolmark (Crash, Co-Front / ICM), avec la gestion efficiente de Thanusiya Nadanalingam (CESSMA / IRD).


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
leomanach (8 septembre 2025). Prévenir les violences, tisser les mémoires / 6 octobre 2025, M.E.R – Calais. CO-FRONT . Consulté le 15 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14m26


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